La vierge à l’enfant

par racheldeville

Voici un texte facultatif que je pense intégrer dans le récit sous forme de bande dessinée, je cherche encore comment travailler les deux récits, comment les imbriquer, je ne veux pas non plus être trop explicative (ici, le texte est long et fortement explicatif) il s’agit du texte à l’état brut que je devrai retravailler par la suite. Petit à petit ce long projet prend forme mais le temps semble se distendre, comme s’il était élastique, je pensais que ce projet était presque fini, il ne l’est pas…

Je fis ce rêve en 2005 alors que je venais de rencontrer Oscar, jeune mexicain venu s’installer tout comme moi à Barcelone.
Oscar était beaucoup plus jeune et m’appelait souvent « Mamacita », terme affectueux signifiant « petite maman ». Je crois qu’il voyait en moi une mère protectrice très attaché qu’il était à sa propre mère. Très tôt, l’écart d’âge se fit ressentir entre nous et je m’interrogeais sur la nature de mes sentiments envers lui…Je n’ai jamais eu l’instinct maternel , or, au cours de notre relation, je développais un amour tendre et protecteur, légèrement ambigu. La maternité est un concept très complexe à mes yeux, effectivement elle implique toujours une dualité (la mère ambivalente) ainsi qu’une idée très fort d’emprisonnement, être mère impliquerait le fait d’être « enfermée » à jamais dans un rôle. Toute petite, je fus séparée de ma mère une année durant, j’eus alors une « mère de remplacement », une tante qui vivait dans le sud de la France , épisode dont je ne me souviens malheureusement pas, étant trop jeune (j’avais alors entre 2 et 3 ans ).
Voilà pourquoi sans doute cette œuvre d’Art dans ce musée où je viens chercher refuge me présente t’elle une « double-mère », l’une idéalisée, l’autre plus vulgaire , plus réelle. Mais elles sont toutes deux enfermées dans un cercle, dans une sorte de spirale interminable : la maternité. J’ai toujours entendu ma mère se plaindre du fait que la maternité était si fatigante, elle semblait impliquer une besogne insurmontable et sans fin… La phrase que prononce la double « mère-statue humaine » s’estompa malheureusement très vite à mon réveil, mais je sais qu’elle parlait de maternité, j’ai essayé de la reconstruire ici.

Publicités